Chrétiens, ouvrez vos yeux!
| Chrétiens, ouvrez vos yeux!
Le diktat de Taef imposé au Liban en général et aux chrétiens en particulier, accepté par les corrompus et les traitres n’en a pas fini de transformer la République libanaise en République dhimmie en attendant l’avènement de la République islamique. « Démagogie ! » dira-t-on. Pas si sûr… Malheureusement…
Les corrompus et les traitres ayant accepté le diktat de Taef nous ont dit et continuent de nous dire: « Les chrétiens ont perdu », « Taef a instauré la parité islamo-chrétienne et il faut la préserver car c’est à l’avantage des chrétiens désormais minoritaires » et « La présidence de la République avait trop de pouvoirs, il faut que le Conseil des ministres exerce le pouvoir exécutif ».
« Les chrétiens ont perdu ». Oui, les chrétiens ont perdu la guerre. Mais avec eux, c’est tout le Liban souverain, indépendant et libre qui a perdu ! Il ne faut pas l’oublier. Et, la Révolution du Cèdre est censée avoir fait recouvrir au Liban sa souveraineté, son indépendance et sa liberté. Or, jusqu’à aujourd’hui, le Liban n’a pas pu se libérer de l’anschluss avec la Syrie traduite par le traité de fraternité qui a découlé de l’« accord » de Taef. Pourquoi aucun des champions souverainistes n’a demandé l’abrogation du traité de fraternité au sein du Parlement ?
« Taef a instauré la parité islamo-chrétienne et il faut la préserver car c’est à l’avantage des chrétiens désormais minoritaires ». Oui, Taef a instauré la parité islamo-chrétienne. Mais en théorie simplement… Car dans les faits, toutes les élections législatives depuis Taef n’ont pas permis aux chrétiens d’élire le tiers des députés… La proportionnelle ? Les élections estudiantines à l’USJ ont montré les limites de cette proposition attirante à première vue. La seule loi électorale qui assurerait réellement la parité islamo-chrétienne sans tomber dans un confessionnalisme politique exacerbé (élection des députés chrétiens par les électeurs chrétiens et des députés musulmans par les électeurs musulmans), est la loi uninominale : élection d’un seul député par circonscription. D’autre part, la parité islamo-chrétienne n’est pas plus à l’avantage des chrétiens qu’à l’avantage des musulmans. En effet, il n’y a pas de Liban sans les chrétiens. Diminuer leur part c’est tuer à petit feu le Liban souverain, indépendant et libre. Les chrétiens sont la colonne vertébrale du Liban. S’il y avait eu une véritable parité islamo-chrétienne au Parlement, il n’y aurait pas eu de vacance de la présidence de la République. Sans être aouniste, on peut en toute honnêteté intellectuelle affirmer que si la parité islamo-chrétienne au Parlement était réelle alors, à l’instar des chiites qui ont pu faire accéder Nabih Berri à la présidence du Parlement et des sunnites qui ont pu faire accéder Fouad Siniora à la présidence du Conseil, les chrétiens auraient ainsi pu faire accéder Michel Aoun à la présidence de la République. Leur décision populaire aurait ainsi été respectée. Pourquoi, même avec des différends politiques, les chrétiens n’unissent-ils pas leurs voix pour réclamer ce qui leur revient de droit à savoir une parité réelle au Parlement ? Pourquoi n’exigent-ils pas l’annulation du transfert de ces milliers d’électeurs musulmans vers des circonscriptions dites chrétiennes alors que le laisser se transformer en fait accompli risque de changer le visage du Liban et mettre un terme à la présence chrétienne libre ?
« La présidence de la République avait trop de pouvoirs, il faut que le Conseil des ministres exerce le pouvoir exécutif ». La présidence de la République n’avait pas trop de pouvoir mais il se devait d’exercer le pouvoir exécutif avec le Conseil des ministres. Avec un président de la République chef de l’Exécutif il n’y aurait pas de crainte à avoir quant à l’absence prolongée d’un gouvernement en raison de problèmes liés à sa formation. Or, Taef a transféré les pouvoirs de la présidence de la République au Conseil des ministres, une instance collégiale qui désormais vote et dont les questions fondamentales requièrent deux tiers des votes ce qui peut exclure une communauté entière de la décision prise alors même que le pacte de convivialité requiert la participation de toutes les communautés aux destins du pays… De plus, c’est la présidence du Conseil qui a dans les faits récupéré les prérogatives de la présidence de la République, rendant ainsi plus injuste et plus incompréhensible le dépouillement de celle-ci. La solution consiste à appliquer la formule utilisée par Rachid Karamé en 1984 : un pouvoir exécutif exercé par la présidence de la République avec la participation du Conseil des ministres.
Au lieu de redonner à la présidence de la République des prérogatives constitutionnelles, on lui offre cette fois-ci cinq ministres (trois chrétiens « indépendants », un sunnite proche du Courant du Futur et un chiite proche d’Amal et du Hezbollah) sans que cela ne soit inscrit dans la Constitution. Les vingt-cinq autres ministres (douze chrétiens, cinq sunnites, cinq chiites et trois druzes) sont redistribués dans une totale indifférence de la parité islamo-chrétienne. En effet, si les cinq ministres sunnites sont pour le Courant du Futur, les cinq ministres chiites sont pour Amal et le Hezbollah et les trois ministres druzes sont pour le Parti Socialiste Progressiste, les douze ministres chrétiens sont répartis de la façon suivante : trois pour le Courant Patriotique Libre, un pour le Courant Marada, un pour le Parti Tachnak et deux pour le Parti des Forces Libanaises, un pour le Parti Kataeb et quatre indépendants à la popularité restreinte et par conséquent « offerts » au Courant du Futur… Boutros Harb, Tarek Mitri, Michel Pharaon et Jean Oghassabian.
Le tableau dressé est celui qui correspond à la réalité. Nous vivons dans la République dhimmie en attendant l’avènement, si nous ne réagissons pas immédiatement, d’une République islamique. Chrétiens, ouvrez vos yeux et cessez de vous contenter de la participation qui nous est offerte depuis 2005 ! Le Liban ne sera fort qu’avec un musulman fort et un chrétien fort. Pour être fort, le chrétien doit savoir ce qu’il veut et le revendiquer haut et fort sans avoir peur de perdre l’illusion qu’il a à l’heure actuelle comme le lui font craindre les corrompus et les traitres qui défendent un statut quo dont ils sont les seuls bénéficiaires.
--------- MF |
|